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Interview Sarah

Publié le par Balat&Chauchard

Source : propre tout droit réservé

Source : propre tout droit réservé

 

 

Interview de Sarah : étudiante en 2 éme année de licence à l’Université Paul Sabatier, Sarah est une fille venant d’un petit village proche de Montauban. A cause de son addiction aux jeux, elle s’était coupée du monde et n’avait plus de contact avec l’extérieur. Aujourd’hui elle est sortie de cette addiction et a retrouvé une vie normale avec des amis sur lesquels elle peut compter.

 

Comment as-tu commencé à jouer aux jeux vidéo?

 

Je n’étais pas intéressée par ce monde du virtuel quand je suis arrivée à l’Université. Cependant je ne connaissais personne et je voulais rencontrer des gens, me faire de nouveaux amis. Je me suis donc intéressée aux groupes étudiants qui étaient présents sur le campus et me suis inscrite dans celui des jeux vidéo. Au début j’y allais une fois par semaine le vendredi après-midi quand je n’avais pas cours. C’était un moment de détente à la fin de la semaine et je retrouvais des gens avec qui je m’étais liée d’amitié.

 

A quel moment as-tu basculé dans l’addiction?

 

Ca s’est fait lentement en fait. Au début c’était une fois par semaine, puis deux ou trois… Et un jour j’ai séché un cours de biologie pour pouvoir jouer à un jeu en ligne en même temps que d’autres amis joueurs. En fait, en se donnant des RDV pour jouer c’est comme si c’était un devoir de se connecter et de jouer, sinon j’avais l’impression de les lâcher. Le risque aussi c’était qu’ils ne m’acceptent plus dans leur équipe si je n’étais jamais aux RDV. Donc il y avait les jeux en ligne mais aussi d’autres jeux. Guild Wars par exemple. C’est un jeu qui raconte une histoire, donc à chaque nouveau jeux de Guild Wars qui sort c’est comme la suite d’une série que l’on a envie de regarder et on est d’autant plus accro que l’on est acteur de cette série! Evidemment je jouais parfois à la fac mais aussi beaucoup chez moi. Quand je jouait à Guild Wars je passais mes week-end dessus et tout mon temps libre.

 

Comment se traduisait ton addiction dans ta vie quotidienne?

 

Quand je jouais je n’avais aucune limite! Je pouvais rester des heures devant mon écran d’ordinateur sans me rendre compte du temps qui passe. Parfois quand je m’arrêtais j’avais mal aux cervicales parce que je restais courbée durant des heures devant l’écran, d’autres fois je sautais des repas parce que je ne voulais pas perdre du temps à me cuisiner quelque chose et même juste à le manger. Ca a évidement eu aussi un impact sur mon travail à la fac: je séchais des cours qui me semblaient peu importants et je ne dormais plus donc j’étais très fatiguée et je m’endormais dans l’amphi. Finalement je ne sortais quasiment plus de chez moi à part pour faire les courses et aller en cours, quand j’y allais…J’avais coupé tout contact avec mes proches.

 

Et tes amis ne ce sont pas inquiétés de ne plus te voir?

 

Au début quand ils me proposaient de sortir je disais que je n’avais pas le temps et quand ils ont compris que c’était pour jouer aux jeux vidéo ils ne m’ont plus invité à leurs soirées. Je n’avais donc plus vraiment d’amis autour de moi mais il me restais ceux qui me connaissaient le mieux, c’est-à-dire ceux qui étaient à Montauban, là où je revenais tous les week-end chez mes parents. Un week-end Amélie, c’est ma meilleure amie, m’a appelé pour aller faire du shopping à Toulouse et c’est ce jour-là que j’ai compris que je n’avais plus de vie réelle.

 

Qu’est-ce qu’il s’est passé ce jour là? Qu’est-ce qui t’as fais prendre conscience que tu n’avais plus de “vie réelle”?

 

J’étais au téléphone avec ma meilleure amie et elle m’a dit : “vu que t’es une vraie toulousaine maintenant tu va me faire connaître tous les super magasins du centre-ville!”. Quand elle m’a dit ça je réfléchissais aux endroits où on allait passer l’après-midi, mais je me suis rendu compte que j’étais allée au centre-ville plusieurs fois pour m’acheter des jeux… mais jamais pour autre chose. Je ne connaissais aucun magasin de vêtement et même aucun autre endroit que Micromania rue Saint-Rôme! Je me suis sentie ridicule d’avoir passé autant de temps à Toulouse et de ne pas savoir où aller faire du shopping ou même aller boire un café! J’ai réalisé que je ne sortais jamais. Après avoir raccroché j’ai regardé mon téléphone et j’ai vu que les derniers messages de mes amis dataient de deux mois en arrière. Personne ne m’appelait et je n’appelais personne. Je me suis rendu compte que j’étais toute seule et ce jour là les jeux vidéo ne me donnaient plus cette impression de refuge où je connaissais plein de gens…Je les voyais comme une prison où je m’étais enfermée moi-même en quelques mois.

 

Comment es-tu revenue à ta vie d’avant?

 

J’ai passé un après-midi à faire les magasins avec Amélie et ça m’a aidé à retrouver le plaisir que j’avais à sortir et à partager des choses avec mes amis. Mon année de fac est fichue à cause de mon addiction, je redouble l’an prochain. Mais je suis heureuse d’avoir pu sortir de tout ça. C’est arrivé vraiment très vite! J’aurais jamais pensé pouvoir être aussi accro à ces jeux, c’était fou. J’ai pris la décision de me limiter dans mes heures de jeux sinon je ne m’arrêtais jamais. Au début je me suis limitée à 6h par jour (avant j’y passais jusqu’à 15h!), puis j’ai diminué au fur et à mesure. Aujourd’hui je travaille mes cours en rentrant chaque soir et après je m’accorde 2h de jeu pour me détendre. Je ne manque plus de cours et évidemment je me suis dés-inscrite du groupe de jeux vidéo de la fac.

 

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